Des nouvelles de nos céréales.

Dans une agriculture en polyculture, comme aux Compagnons de la Terre, les céréales  trouvent naturellement leur place car elles présentent de nombreux avantages.

C’est tout d’abord une production agricole à part entière, que nous destinons à l’alimentation humaine, et pour mener à terme cette culture dans les meilleures conditions, nous avons fait appel à Eddy Montignies, Ir Agro, et co-fondateur de la société « Land Farm & Man » (LF&M), qui conseille les agriculteurs dans leurs cultures bio.

Pour l’année 2018, Eddy nous accompagne pour deux cultures : le petit épeautre (ou engrain, Triticum monococcum) et le quinoa (Chenopodium quinoa).

Le petit épeautre est une céréale très ancienne, pauvre en gluten, riche en fibres, en éléments minéraux et protéines, facile à digérer, et qui n’a pas subi de modification génétique.

Il a été semé fin avril, sur un peu plus de deux hectares, et devrait être récolté début août, en fonction bien entendu, des conditions météorologiques à venir. Jusqu’à présent, cette une réussite complète : levée du semis uniforme, couverture rapide du sol (qui étouffe la croissance des adventices, ce qui nous évité un ou deux désherbages mécaniques), belle résistance aux pluies diluviennes du 22 mai et croissance rapide.

Le quinoa vous est sans doute plus familier que le petit épeautre. Associé aux civilisations précolombiennes, cultivé historiquement sur les hauts plateaux d’Amérique du Sud, le quinoa est apparu dans les années 1970 dans les pays industrialisés, en quête d’une alimentation plus saine. Depuis la fin des années 2000, il est maintenant cultivé sur de grandes superficies dans plusieurs régions de France (Anjou, Poitou, Corrèze …) et en région wallonne, depuis 2014, par LF&M justement.

Cette pseudo-céréale est tout aussi intéressante : le quinoa est très digeste, pauvre en lipides, mais riche en fer et en protéines, et comme le petit épeautre, contient les 8 acides aminés essentiels à la vie humaine.

Semé sur 4,5 ha le 20 mai, soit 2 jours avant les premiers orages diluviens, le semis a notablement souffert de la pluie, surtout dans les zones les plus pentues. Une première estimation, donnait environ 10 % de la superficie perdue pour la culture : graines emportées par l’eau ou sol glacé par l’impact des gouttes et empêchant la future germination.

A la date du 15 juin, la situation paraissait ne pas évoluer … et pourtant. Deux semaines plus tard, les zones de coulées de terre, les plus touchées, étaient finalement couvertes de plants de quinoa, certes en retard de croissance, mais bien présents. La production y sera probablement plus faible, mais pas perdue. La récolte est prévue vers la mi-septembre.

Les récoltes de quinoa et petit épeautre seront rachetées par Land Farm & Men, et commercialisées sous la marque « Graines de curieux ». Signalons encore que tous les travaux pour les céréales, sont réalisés de main de maitre par un entrepreneur agricole local, Jean Michel Fortemps.

Parmi les autres avantages, la culture de céréales au sein d’une rotation, permet de réaliser un vide sanitaire, qui a pour objet de stopper les cycles reproductifs de ravageurs (insectes, champignons, maladies …) et ainsi éviter des réinfections lors du retour d’une même culture en un même lieu. Ainsi, le petit épeautre a été semée sur les parcelles qui ont connu deux années de maraichage, et le quinoa est installé sur la culture de froment récolté en juillet 2017.

La production de paille est également intéressante. Celle du petit épeautre servira à pailler le maraichage, les cultures de petits fruits et fournira une litière bio aux poules ! La paille du quinoa, trop dure, sera broyée sur le champ et incorporée dans le sol, pour le réalimenter en matière organique, la culture du quinoa étant plutôt gourmande. Le BRF qui, après un an, est maintenant bien composté sera également épandu sur les pailles du quinoa et enfoui en même temps que celles-ci.

Jean-Marc