La recherche: innover pour s’adapter

novatriceExperimentale-1Pour engager l’agriculture sur des trajectoires de Transition, nous travaillons sur des modèles novateurs associant savoirs de terrain et savoirs scientifiques.

Comme les paysans, nous mettons en œuvre une agriculture nourricière, respectueuse de la nature et de ses cycles, des écosystèmes, de la vie des sols, de la biodiversité. Les stratégies d’adaptation et d’innovation font partie de l’ADN paysan, car l’agriculture paysanne est en lutte permanente pour sa survie en milieu économique hostile (les fameux marchés auto-régulés). Les CDLT vont pousser jusqu’au bout la logique d’innovation via une co-construction des savoirs entre producteurs-citoyens et scientifiques. Face aux mécanismes de « verrouillage » politiques et institutionnels qui entravent la nécessaire transformation des pratiques agricoles, la combinaison de diverses innovations sociales, organisationnelles, techniques qui émergent depuis plusieurs années semble en effet constituer une voie prometteuse pour faciliter et accélérer la Transition.

Dans cette veine, notre coopérative va en effet tenter de mettre en œuvre des pratiques innovantes en matières d’accès à la terre, de modalités de financement, de modèles agro-économiques, d’organisation plus collective du travail, de gouvernance démocratique, de création de lien entre les nouveaux producteurs non-issus du monde agricole (NIMAculteurs) et agriculteurs en place, de soutien à l’écologisation de l’agriculture conventionnelle, ainsi qu’en matière de stratégie d’essaimage.

Les alliances avec le monde de la recherche seront par ailleurs décisives, non seulement pour adapter l’appui à l’agriculture au contexte local mais, plus encore, pour faciliter les transferts et échanges entre les producteurs et scientifiques, pour créer de nouveaux savoirs de manière transdisciplinaire, et pour disséminer les innovations émancipatrices.

C’est pourquoi, en parallèle de nos activités de production, un pôle « recherche » de la coopérative travaille à l’amélioration, à la validation et à la légitimation de nos modèles économique, agricole et organisationnel. En 2014, une recherche-action menée par l’asbl GREOA a notamment permis de définir un premier modèle de production expérimental, en collaboration avec la Boutique des Sciences de l’UCL et l’asbl Barricade. Par ailleurs, un projet de thèse en agronomie vise à créer un outil de modélisation pour la conception, la gestion et l’évaluation dynamique des micro-fermes modulables des CDLT. Cet outil devra traduire en références les innovations techniques, économiques, sociales et organisationnelles dans lesquelles l’agriculture des micro-fermes innovantes est appelée à se développer. La thèse visera également à étudier comment ces innovations sont susceptibles de s’articuler entre elles, mais également avec les savoirs scientifiques agronomiques les plus pointus, pour créer des micro-fermes durables et duplicables/modulables selon les priorités des acteurs et le contexte.