Notre agriculture, en pratique

Nous produisons de manière agroécologique.

En phase avec les pratiques diversifiées de l’agroécologie, nous mettons en œuvre une agriculture nourricière, respectueuse des hommes, de la nature et de ses cycles, des écosystèmes, de la vie des sols et de la biodiversité. Par exemple, sur nos sites, les effluents des animaux participeront à la fertilisation des cultures, l’intégration de la céréale permettra un vide sanitaire et présentera différents avantages en terme de gestion agronomique des parcelles (désherbage, épandage, engrais vert), l’essentiel des fruits seront produits en agroforesterie, etc.

Nous avons demandé l’agrément « agriculture biologique », et à ce titre nous n’utilisons aucun pesticide ou engrais chimique. Par ailleurs, certains aspects de notre modèle de production sont inspirés de la permaculture, mais la permaculture que nous pratiquons ne doit pas être entendue comme une agriculture de petite taille non-mécanisée. Envie d’en savoir plus ? Découvrez notre vidéo.

Si vous avez du mal à naviguer entre ces notions d’agroécologie, de permaculture et d’agriculture biologique, nous vous invitons à lire ce texte didactique de Pablo Servigne.

Petit récapitulatif des principales techniques agroécologiques qui seront développées par les Compagnons de la Terre :

Agroforesterie :

L’agroforesterie permet de produire globalement plus sur la même parcelle, de constituer des zones refuges pour les organismes utiles, de créer des micro-climats favorables, de capter et stocker les éléments fertilisants excédentaires, de maintenir des taux élevés de matières organiques et d’organismes vivants dans le sol en stockant du CO2, de protéger efficacement le sol contre l’érosion. Les systèmes agroforestiers envisagés permettront la mécanisation, ils seront constitués d’une part d’alignements d’arbres fruitiers (alternant un haute-tige pour 2 basses-tiges) et d’autre part de haies vives qui seront utilisées pour les BRF (bois raméaux fragmentés).

schéma avant après agroforesterie bio à la une

• Rotation culturale :

Outre l’intégration d’un petit élevage porc–volaille, nous avons également intégré en rotation une culture céréalière un an sur trois dans le système maraîcher. D’un point de vue agronomique, la céréale permet un vide sanitaire et présente différents avantages en terme de gestion agronomique des parcelles (désherbage, épandage, engrais vert).

• Diversité par l’association culturale et l’utilisation de la verticalité:

L’association culturale nous permettra d’accroître la production par unité de surface, de créer des microclimats plus favorables, des moyens de luttes biologiques, des habitats plus favorables aux auxiliaires, etc. Nous irons encore plus loin dans la diversité en produisant à plusieurs hauteurs sur la même surface comme dans les écosystèmes forestiers.

• Pâturage alterné et rationné :

Le but de cette technique est d’utiliser un élevage diversifié à priori destructeur de l’environnement et de le convertir en allié pour l’entretien des espaces de la ferme via une mise sous contrôle adéquate. Le pâturage rationné permet d’une part à l’herbe d’avoir un temps suffisant de reconstitution des réserves racinaires pour la prochaine repousse, et d’autre part de jouer sur la complémentarité des espèces, ce qui permet d’optimiser les systèmes d’élevage tout en maintenant la qualité de la prairie à son maximum. De plus, grâce au pâturage rationné, les déjections sont laissées dans l’enclos pendant une certaine période avant d’être collectées, ce qui permet un minimum de travail pour le compostage.

• Non-labour :

Traditionnellement l’agriculteur laboure, particulièrement l’agriculteur bio car pour lui la charrue est le principal moyen pour lutter contre les herbes. Mais le labour présente des inconvénients, il mélange profondément le sol, inverses ses horizons, dilue la matière organique, crée une semelle imperméable en profondeur, consomme beaucoup d’énergie – demande beaucoup de puissance. Toutes ces perturbations rendent le sol fragile, il finit par s’éroder, par se compacter et se retrouve emporté dans nos rivières dont la couleur ne devrait pas être le brun, même en période pluvieuse.

A cause principalement de l’érosion qu’il génère et aussi du coût énergétique de l’opération, des agriculteurs ont développés des alternatives, des outils pour travailler le sol sans inverser ses horizons, sans déstructurer les mottes de terre, sans diluer la matière organique qui peut rester en surface, là où elle est utile pour nourrir la vie du sol, le tout en consommant beaucoup moins d’énergie pour réaliser ce travail. C’est dans ce type d’outils que Les Compagnons de la Terre investissent dès maintenant.

Nous misons sur une mécanisation fine.

Ne nous voilons pas la face, le métier de producteur est difficile et peu rémunérateur. Pour diminuer sa pénibilité et augmenter sa viabilité économique, nous avons conçu nos sites de production sur la base d’espaces polyvalents et standardisés qui facilitent le travail agricole : rotations, calculs, mécanisation. Comme nous venons de le voire, cette dernière est tout à fait compatible avec des pratiques agricoles respectueuses de la vie des sols.

Nous voulons tirer profit des innovations et outils existants pour développer la micro-mécanisation, la traction animale ou encore un système de culture en planche permanente qui permet à la main de l’homme d’intervenir sur les activités à hautes valeurs ajoutées. Soucieux de respecter les dos et les conditions de travail des travailleurs de la terre, nous réservons les travaux lourds au tracteur, dans le cadre agroécologique qui est le nôtre.

Une partie de notre production est réalisée sous serres.

La culture sous serre est indispensable dans un projet de maraîchage diversifié en Belgique.

De simples serres tunnel non chauffées permettent d’augmenter le rendement de certaines cultures et de prolonger considérablement la durée de culture de légumes frais, en augmentant la température et/ou en régulant mieux les conditions climatiques néfastes, comme le gel, les pluies trop abondantes,etc.

Dès fin avril 2016, nous pourrons vous proposer des légumes primeurs cultivés depuis mars grâce aux serres : laitues et mescluns, radis, roquette, pourpier, jeunes oignons, et dès la mi-mai, si le printemps n’est pas trop rude, de jeunes carottes, betteraves et navets, choux chinois, fenouils, courgettes, pois mange-tout, brocolis, chou-fleurs… La culture des tomates, poivrons et aubergines n’est pas envisageable sans serres dans un projet agricole tel que le nôtre.

Un de nos objectifs pour 2016-2017 est de tenter de vous (nous!) nourrir tout au long de l’année, grâce aux légumes de conservation récoltés à l’automne et stockés, et aux légumes frais cultivés en serre.

A quoi ressembleront, dès 2016, nos sites de production ?

Dès cette année, nous mettons en œuvre notre modèle de production innovant sur une parcelle de 5,5 ha du Domaine des Cortils, à Mortier.

Voici le schéma d’une micro-ferme de 3 ha correspondant à ce modèle de production théorique. Design

Trois types de parcelles alternent :
– maraîchage très diversifié – au minimum 30 variétés différentes (image de la carotte)
– petit élevage – poules, cochons, canards… (image de la poule)
– céréales

Une rotation de ces parcelles est organisée sur une base annuelle. L’agroforesterie se matérialise par la plantation d’arbres hautes tiges et basses tiges, principalement fruitiers, entre les parcelles. C’est la vision théorique de départ. Sur le Domaine des Cortils, ce modèle ce déclinera à terme de la manière suivante, sur 28,5 ha :

Parcelles Cortils