Une coopérative autonome et créatrice d’emplois

cooperativeAutonomeCreatriceEmplois-1En réunissant de multiples compétences au service de la construction d’un modèle agricole innovant et viable, nous visons la création de nombreux emplois locaux et durables, ne dépendant ni des primes de la PAC, ni du bon vouloir d’aucune multinationale.

En Belgique, 59 emplois agricoles disparaissent en moyenne chaque semaine. Non seulement le modèle agricole conventionnel détruit les emplois et la qualité de vie des agriculteurs, mais il est écologiquement non soutenable et économiquement non viable. Seules les primes européennes de PAC (menacées à moyen terme) et les prix artificiellement (et provisoirement) bas de l’énergie et des produits phytosanitaires lui permettent de se maintenir. Le modèle agro-économique que nous sommes occupés à inventer et à développer vise à nous autonomiser autant que possible des subventionnements publics instables et des « marchés auto-régulés », et à réduire notre dépendance aux ressources non renouvelables.

Dans le cadre de la nécessaire transition écologique de nos sociétés, la filière agro-alimentaire constitue selon nous le principal vivier potentiel d’activité et d’emplois durables non-délocalisables. Les méthodes de production de demain seront basées sur des connaissances et des compétences agronomiques beaucoup plus élaborées qu’aujourd’hui, elle permettront une meilleure valorisation des ressources locales grâce notamment à des filières organisées en économie circulaire, et elles seront beaucoup plus intenses en main d’œuvre. Si le plan d’affaire de notre coopérative prévoit la création d’une trentaine d’emplois dans la phase test du projet, d’une durée de cinq ans, nous estimons que le potentiel global de création d’emplois agricoles en Wallonie se chiffre en dizaines de milliers d’unités à un horizon de 25-30 ans.

Ces emplois de demain ressembleront-ils à ceux d’aujourd’hui ? Est-on notamment bien certain que le modèle du producteur indépendant, qui se paye quand il peut, comme il peut, et qui fait à peu près tout tout seul, est le bon, le seul viable ou légitime ? De notre point de vue, l’avantage du modèle coopératif est de permettre l’intégration des apports respectifs du commercial, du mécanicien, de l’informaticien, du citoyen, de l’agronome planificateur, de l’ouvrier agricole, de l’aidant bénévole,… C’est enfin la possibilité de vivre de la terre de manière moins solitaire, de ne plus être seul face aux problèmes de la ferme, de ne plus devoir financer seul son développement et d’organiser son travail de manière collective.

Nous ouvrons ainsi la voie au développement d’un travail agricole salarié (revenu régulier et décent, droits sociaux, congés payés,…) dans les meilleures conditions, au sein d’une entreprise citoyenne et démocratique guidée par des finalités sociales et écologiques plutôt que par la recherche de la maximisation du profit.

Inverser la tendance au déclin de l’agriculture locale est plus qu’urgent: il faut rendre aux jeunes le goût mais aussi la possibilité d’exercer le formidable métier qu’est celui d’agriculteur.